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« Une commune ne se densifie pas contre ses habitants » : rencontre avec une élue de petite couronne

« Paroles de bâtisseurs » : une série d’entretiens où les praticiens de la métropole s’expriment librement, sous couvert d’anonymat. Leurs fonctions sont réelles, leurs identités préservées.

Sa commune a livré plus de mille logements en six ans, sans perdre une élection ni voir aboutir un recours. Adjointe à l’urbanisme dans une ville de 30 000 habitants de la petite couronne, elle détaille une méthode devenue un cas d’école discret du Grand Paris.

Mille logements en six ans dans une commune déjà constituée, sans fronde des riverains. Quel est le secret ?

Il n’y a pas de secret, il y a un ordre. Nous n’avons jamais annoncé un programme sans annoncer en même temps ce qu’il finançait : la crèche, la rénovation du gymnase, les arbres de l’avenue. Une commune ne se densifie pas contre ses habitants ; elle se densifie avec des preuves. La preuve, c’est l’équipement qui ouvre avant ou avec les immeubles, jamais après.

Les promoteurs jouent le jeu ?

Quand la règle est claire et stable, oui. Nous avons une charte : hauteurs, matériaux, part de logement abordable, participation aux équipements. Ceux qui la trouvent trop dure vont ailleurs, et c’est très bien. Ceux qui restent savent que le permis ne sera pas attaqué, parce que la concertation a eu lieu avant le dépôt, pas après.

Qu’est-ce que le Grand Paris Express change pour une commune comme la vôtre ?

Il rapproche l’emploi, et il déplace la pression. Nos habitants gagnent une heure par jour ; nos prix gagnent des pourcentages chaque année. Mon travail, c’est que les enfants de la commune puissent encore y vivre dans dix ans. C’est pour ça que je me bats sur le logement intermédiaire — c’est lui qui décide si une ville reste mélangée.

Un conseil à un maire qui redoute de « bétonner » ?

Visiter les opérations réussies, parler aux maires qui les ont portées, et regarder les chiffres en face : ne rien construire, c’est choisir la hausse des prix et le départ des jeunes. La vraie question n’est jamais construire ou pas ; c’est construire quoi, pour qui, avec quelles contreparties.

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