Ce dossier reprend l’intégralité du supplément territorial consacré à Issy-les-Moulineaux, publié par Grand Paris Développement. Les projets, chiffres et échéances cités reflètent l’état du territoire au moment de sa parution, en mai 2021.
Ancien ministre, maire depuis 1980 et vice-président de la Métropole du Grand Paris, André Santini a transformé Issy-les-Moulineaux en quatre décennies. Deux gares du Grand Paris Express, trois écoquartiers, une géothermie qui produit du chaud comme du froid, un budget climat inspiré d’Oslo, un vignoble municipal et les sièges sociaux de Capgemini, Nestlé, Orange ou La Poste : la commune alto-séquanaise avance sur tous les fronts. Tour d’horizon d’un territoire qui se revendique laboratoire.
Sommaire
- Grand entretien — André Santini
- Issy, toute une histoire
- Transports : une desserte stratégique et multimodale
- Aménagement : la ZAC Léon Blum, une nouvelle centralité
- Écoquartiers : Issy réintroduit la nature en ville
- Pont d’Issy : une entrée de ville métamorphosée
- La Cité des Sports, dans la perspective des JO
- Retour sur la transformation de la rue Guynemer
- Issy au vert : un territoire engagé
- Un territoire innovant et ultra-connecté
- Démocratie participative : donner la parole aux Isséens
- La culture pour tous
- Santé et vie sociale : des enjeux forts pour la collectivité
Grand entretien — André Santini
« Innover, c’est trouver de nouvelles manières de construire pour concilier le besoin d’espaces de respiration avec la nécessité de transformation urbaine. »
Une écologie pensée sur le temps long
Interrogé sur les actions qu’il revendique avec fierté, le maire d’Issy-les-Moulineaux place la lutte contre le réchauffement climatique en tête. « S’il y a bien un défi de long terme par excellence pour envisager sereinement « l’accélération sociale du temps » décrite par le sociologue allemand Hartmut Rosa, c’est celui de la lutte contre le réchauffement climatique. Je me suis attaché très tôt à engager ma municipalité dans cette optique, avec des résultats tangibles aujourd’hui. »
À ses yeux, « l’écologie n’est pas une idéologie mais plutôt un fil rouge qui conduit mes politiques municipales depuis le début ». Les résultats qu’il avance : un troisième écoquartier — Cœur de Ville — sur le point d’être inauguré, et une réduction de 26 % des émissions de gaz à effet de serre liées au secteur résidentiel depuis 2005.
Une telle approche suppose la durée. « Il faut de la durabilité pour faire de l’urbanisme car certains projets nécessitent plusieurs décennies pour émerger et aboutir, à l’instar du tramway T2, du Fort d’Issy, de Cœur de Ville. Ces projets, je les ai tous envisagés avec audace et surtout en refus de tout conformisme car je fais depuis toujours la chasse aux âmes frileuses et aux esprits étroits. » Pour contrer les conservatismes, précise-t-il, « il ne s’agit pas de passer en force mais avant tout de permettre la concertation et l’écoute mutuelle ».
Une smart city « humaine »
« L’innovation est un outil fantastique pour agir d’un point de vue très concret », poursuit l’élu, qui revendique plus de vingt ans de co-construction d’une smart city « humaine ». Depuis les années 1990, les Isséens peuvent payer leur stationnement par smartphone ou la restauration scolaire en ligne, gérer les activités périscolaires de façon dématérialisée et accéder à l’ensemble des démarches administratives via un portail citoyen.
Mais l’innovation ne se cantonne pas au numérique. « Lorsque nous avons lancé le projet Issy Grid, ce n’était pas pour économiser quelques euros sur nos factures d’électricité mais bien pour augmenter la production locale d’énergies renouvelables grâce aux panneaux solaires, à la géothermie. »
Innover en aménageant
Cet état d’esprit se lit dans les quartiers : au Fort d’Issy, la géothermie couvre 80 % des besoins en chauffage et en eau chaude des habitants et équipements. Dans l’écoquartier Cœur de Ville, elle assurera l’alimentation en chaleur mais aussi en froid, grâce à une solution de stockage de la glace.
La commune a fait appel à de grands noms de l’architecture : Françoise Raynaud pour les tours du Pont d’Issy, Daniel Libeskind — l’architecte de Ground Zero — à deux pas de la future gare Issy RER de la ligne 15, ou encore Winy Maas avec le projet La Serre, lauréat du Prix interdépartemental de l’innovation urbaine en 2020, conçu comme une oasis en ville intégrant plus de 3 000 m² de terrasses et jardins.
Anticiper les canicules
« Indéniablement, la décennie 2020 sera dominée par la lutte contre le changement climatique. » La ville poursuit un vaste plan de végétalisation et de désimperméabilisation, avec l’objectif d’avoir planté 6 000 arbres au terme du mandat et développé l’agriculture urbaine pour lutter contre les îlots de chaleur.
Autre anticipation : celle du recours massif à la climatisation. « Pour pallier cela, nous travaillons sur la construction d’un réseau de froid urbain. Nous regardons aussi la façon la plus optimale pour chauffer les logements sans avoir recours aux énergies fossiles, à savoir l’hydrogène ou la géothermie. » La Ville s’est dotée début 2021 d’un budget climat.
Une ville motrice dans la Métropole
Issy-les-Moulineaux « n’en finit plus d’accueillir les sièges sociaux de grands groupes » — Capgemini, Nestlé, Colas, La Poste, Accor, Orange. Dans le cadre du concours Inventons la Métropole, le Grand Paris a par ailleurs récompensé le projet Ôm, au sein de la ZAC Léon Blum.
Avec deux nouvelles gares sur la future ligne 15 Sud et le prolongement de la ligne 12 jusqu’à Meudon, la commune « deviendra la commune francilienne la mieux desservie en transports en commun ».
« Les politiques engagées s’inscrivent dans une logique de « ville du ¼ d’heure », où tous les déplacements quotidiens doivent pouvoir se faire à pied. »
Dernière priorité affichée : « le souci constant de la concertation avec les Isséens ». C’est à cette condition, conclut le maire, qu’Issy « continuera de représenter une référence en matière d’innovation urbaine et d’humanisme territorial au sein du Grand Paris ».
Issy, toute une histoire
Située en bordure de Seine sur sa rive gauche et limitrophe de Paris, Issy-les-Moulineaux rime depuis longtemps avec smart city. Mais son histoire remonte bien au-delà de l’ère digitale : plus de 2 000 ans, révélés par une fouille archéologique de vestiges gallo-romains — une nécropole située près de l’actuelle église Saint-Benoît.
Le 6 décembre 558, le domaine est mentionné pour la première fois avec une indication géographique précise — « situé dans le territoire des Parisii, près du cours de la Seine » — dans la charte de donation du roi mérovingien Childebert, qui donne le fief d’« Issiacum » aux moines bénédictins de Saint-Germain-des-Prés. Au Moyen Âge, l’abbaye y développe la vigne, dont la culture fait encore partie du patrimoine isséen.
Villégiature et batailles
Avec les Bourbons, Issy acquiert un esprit de villégiature. À mi-chemin entre Paris et Versailles, la commune devient une destination privilégiée de la noblesse. « Un des personnages les plus célèbres reste assurément Marguerite de Valois, première épouse du roi Henri IV et plus connue sous le nom de Reine Margot, qui s’installe à Issy dans une propriété somptueuse à l’emplacement de l’actuel Grand Séminaire et du Musée », raconte Patricia Bétry, présidente de l’association Historim. Henri IV, Saint Vincent de Paul, Marie de Médicis, le jeune Louis XIII, puis Bossuet, Fénelon ou Talleyrand fréquenteront les lieux.
Le 3 juillet 1815, Issy est le théâtre de la dernière bataille napoléonienne, opposant les troupes françaises rescapées de Waterloo aux forces prussiennes — épisode méconnu de l’invasion de Paris. Cette défaite inspirera la fortification de la capitale en 1842, avec la construction de l’enceinte, du Fort d’Issy et des quinze autres forteresses entourant Paris.
Le fort jouera un rôle déterminant en 1870-1871. « Issy est alors bombardée durant des semaines par les Prussiens, puis par les Versaillais cherchant à déloger les Communards du Fort où ils se sont retranchés », poursuit Patricia Bétry, qui rappelle que « près de la moitié des maisons et tous les édifices publics de la ville » furent démolis en mai 1871.
Berceau de l’aviation
Le 28 juillet 1893 signe la naissance officielle d’Issy-les-Moulineaux, par l’ajout à la commune d’Issy du hameau des Moulineaux, qui dépendait jusqu’alors de Meudon.
Le début du siècle marque les débuts de l’aviation, dont Issy devient rapidement le berceau. Les usines Voisin, Caudron et Nieuport s’y installent. Le 13 janvier 1908, l’aviateur Henri Farman boucle sur un aéroplane Voisin le « premier kilomètre en circuit fermé ». Une partie des terrains d’entraînement est aujourd’hui devenue l’héliport Issy-Paris.
La Grande Guerre marque l’essor des ateliers de construction aéronautique. Ville de l’arrière, Issy participe à l’effort de guerre à travers cinq hôpitaux militaires, dont le plus important est l’actuel hôpital Corentin Celton, longtemps appelé Hospices des Petits Ménages. De 1921 à 1936, la population double pour dépasser 44 000 habitants.
De la désindustrialisation à la première smart city de France
Les mutations des années 1960, puis la crise des années 1970, n’épargnent pas la ville. En 1962, Issy noue son premier jumelage avec la ville allemande de Weiden. Les années 1980 sont marquées par une métamorphose profonde : aux industries du XIXe siècle succèdent les entreprises de services.
Depuis le milieu des années 1990, Issy s’engage sur la voie des technologies de l’information : dès 1995, la commune devient la première smart city de France. En 2011, elle devient ville universitaire avec l’installation de l’École du Barreau, puis de l’Institut Supérieur d’Électronique de Paris et de la Faculté de Droit de l’Institut catholique. Microsoft, Sodexo, Canal+, Orange ou Nestlé France y ont installé leur siège.
Transports : une desserte stratégique et multimodale
Chaque jour, Issy-les-Moulineaux double sa population avec les salariés venus y travailler. Ces 70 000 personnes supplémentaires sont autant d’automobilistes, cyclistes, piétons ou usagers des transports en commun : la question des mobilités est une préoccupation incontournable.
Deux gares du Grand Paris Express
Issy-les-Moulineaux accueillera deux nouvelles gares à l’horizon 2025. « Une aubaine sans précédent qui va permettre un gain de temps de transport certain, doublé d’un gain en qualité grâce à une accessibilité totale des gares aux PMR », se réjouit David Daoulas, maire-adjoint à l’espace public et aux mobilités. Le futur métro automatique reliera les communes de la première couronne sur 200 km, avec 68 gares prévues d’ici 2030.
Sur la place Léon Blum, la future gare Issy RER créera un pôle multimodal stratégique. Pour ses quelque 150 000 voyageurs attendus quotidiennement, les temps de trajet seront considérablement réduits : La Défense en 16 minutes contre 34 actuellement, Orly en 21 minutes contre 52. La station sera reliée par un cheminement souterrain aux quais du RER C et aux bus en surface. La Société du Grand Paris a pris des mesures conservatoires pour permettre l’interconnexion avec le prolongement de la ligne 12 jusqu’à Meudon.
Des travaux complexes en milieu contraint
Pour la gare Fort d’Issy-Vanves-Clamart, il s’agit de construire l’infrastructure du nouveau métro sous les voies du Transilien N tout en maintenant la circulation des trains. « Après avoir été, en 2016, la première gare à débuter les travaux de génie civil du Grand Paris Express, Fort d’Issy-Vanves-Clamart est, depuis 2019, la première à avoir terminé les travaux de construction de sa boîte gare. C’est une véritable prouesse technique au regard de l’environnement très contraint, qui permettra de relier quatre communes jusqu’alors coupées par un large faisceau ferré », expose Isabelle Rivière, directrice des relations territoriales de la Société du Grand Paris.
Du côté d’Issy RER, le chantier est divisé en trois emprises : la boîte gare, le bâtiment voyageur et le couloir de correspondance vers le RER C — le tout sous les fenêtres des riverains. « L’environnement urbain de la place Léon Blum est très dense et les immeubles enserrés par les travaux nécessitent un accompagnement des habitants au plus près », précise Isabelle Rivière.
« La construction de ces deux gares du Grand Paris Express est l’occasion pour la ville d’Issy-les-Moulineaux de rénover des quartiers environnants avec la création de logements, de bureaux, de commerces et d’équipements publics de qualité. »
Sortir du tout-voiture
Depuis 2015, la ville a intégré So Mobility, un think tank réunissant la Caisse des dépôts, Cisco, Bouygues Immobilier, Transdev et Colas autour des nouveaux usages de mobilité, sur le principe de l’open innovation.
Parmi les expérimentations : le parking connecté, qui permet de connaître en temps réel la disponibilité d’un site de stationnement, et le covoiturage domicile-travail. Des services de free floating complètent l’offre, à l’instar des scooters électriques Cityscoot ou des voitures Free2move. « Suite à la cessation de service en juillet 2018 des véhicules en autopartage Autolib’, de nombreux Isséens se sont équipés en véhicules électriques à titre personnel. Or force est de constater que les outils de recharge ne sont pas assez nombreux face à la demande croissante », note l’élu — la ville projette d’augmenter le nombre de bornes, aujourd’hui réparties en dix stations.
Apaiser l’espace public
La ville prévoit de créer d’ici 2024 une vaste jonction piétonne sur les axes RD 50 et RD 989. « Le projet dénommé Axe de Vie ambitionne de pacifier l’espace public, notamment en incluant les mobilités douces pour réconcilier et sécuriser les deux axes structurants qui traversent la ville : la D50 et la D989 qui se croisent sur la place Paul Vaillant Couturier, au métro Corentin Celton. » Deux cabinets d’études ont été mandatés pour travailler, avec les habitants, à la création d’îlots de fraîcheur et à la désimperméabilisation des sols.
Coup de pédale pour le plan vélo
« Sans polariser le débat autour d’une lutte contre la place de l’automobile, il est essentiel de faire coexister toutes les modalités au sein d’un environnement commun », confie David Daoulas. Pour renforcer et sécuriser ses 14,5 km de pistes cyclables, la commune s’appuie sur le plan vélo voté en 2019 et piloté par Grand Paris Seine Ouest : pacification des rues, aménagement du réseau existant, signalétique renforcée, stationnements sécurisés. Le plan a été soumis à concertation citoyenne au printemps 2021.
Aménagement : la ZAC Léon Blum, une nouvelle centralité
La ZAC Léon Blum en chiffres
- 150 000 m² de surface de plancher
- 120 000 m² de logements à transformer, dont 35 % à caractère social
- 28 000 m² de bureaux
- 3 500 m² de commerces
- 10 îlots à requalifier
Comme souvent dans la Métropole, l’arrivée d’une gare du Grand Paris Express s’accompagne d’un vaste projet de requalification urbaine. Approuvée en 2015, la Zone d’aménagement concerté s’étend le long de la rue Aristide Briand et de l’avenue de Verdun.
« Avec ses nombreuses constructions vétustes et plus du tout aux normes en vigueur, cette deuxième centralité de la ville avait été laissée à l’écart des rénovations de grande ampleur. La ZAC Léon Blum va permettre de redonner enfin tout son éclat à ce quartier », se réjouit Philippe Knusmann, maire-adjoint chargé de l’urbanisme.
La part de logement social — 35 % — dépasse largement les 25 % requis au titre de la loi SRU. S’y ajoutent une école maternelle de 12 classes, la requalification de l’école élémentaire du quartier, une crèche de 60 berceaux, des espaces verts, un mail piéton et le réaménagement de la place Léon Blum. « L’égale répartition de l’habitat social au sein de la ZAC est la preuve de notre engagement en la matière. Les logements sociaux seront de très belle facture et leur qualité n’aura rien à envier au logement privé », poursuit l’élu.
La Serre : un village vertical
Fruit d’une collaboration entre le promoteur OGIC et l’agence de l’architecte néerlandais Winy Maas, le projet La Serre a reçu mi-décembre 2020 le Prix interdépartemental de l’innovation urbaine.
Virginia Bernoux, directrice générale Logements, Grands Projets et Innovations chez OGIC, en détaille le parti pris : « L’originalité du projet tient à sa volonté de mettre la nature au premier plan et les bâtiments au second plan. En fait, nous avons considéré cet espace végétal comme faisant partie intégrante de l’architecture. Au total, environ 30 % de la surface totale du bâtiment sera composée d’aménagements extérieurs. »
Conçue avec l’agence MVRDV et l’atelier d’architecture paysagère Alice Tricon, cette « prairie verticale » multiplie les espaces de rencontre : escalier périphérique faisant le tour du bâtiment, loggia traversante, rooftop partagé, venelle de 500 m² longeant des commerces et ouverte au public. « La Serre est une oasis urbaine qui protège et qui fédère, un microvillage dans la ville », résume-t-elle.
Libeskind, Icade, Ôm : les autres signatures
Issy-les-Moulineaux a convaincu un autre grand nom : l’Américain Daniel Libeskind, célèbre pour avoir conçu Ground Zero et le Musée juif de Berlin. En partenariat avec Castro Denissof & Associés et la Compagnie de Phalsbourg, il fera émerger 18 000 m² de logements — dont 5 000 m² à caractère social — et 650 m² de commerces à proximité du viaduc du RER.
Le groupement Icade / Architecture Studio a été désigné par la Société du Grand Paris pour réaliser le programme connexe à la gare : logements sociaux et en accession, bureaux et espace de coworking.
Autre édifice remarquable, le projet Ôm, lauréat en 2017 de la consultation « Inventons la Métropole du Grand Paris » parmi 57 sites métropolitains. Développé par Icade avec Architecture Studio, il se définit comme un « microcosme urbain Feng Shui » : un immeuble de 6 866 m², 110 logements — dont 8 en primo-accession et 29 en locatif social —, un socle commercial et un pôle dédié à l’enfance.
Le vignoble isséen doublé
Issy profite du réaménagement de la ZAC pour renouer avec son passé de terroir vinicole du XIXe siècle. La SPL Seine Ouest Aménagement et Yves Legrand, propriétaire du Chemin des Vignes, prévoient de passer de 400 à 800 pieds.
« Le vignoble offre également la possibilité aux écoles du territoire d’y pratiquer de nouvelles activités pédagogiques et enfin, ce développement agricole permettra de verdir sensiblement l’îlot D de la ZAC », explique Philippe Knusmann. Trois pieds symboliques ont été transplantés en février 2020. C’est en 1974 que Lucien Legrand, grand-père de l’actuel exploitant, avait acquis une ancienne carrière de craie ayant appartenu à la Société Française du Champignon.
« Un grand vin n’est pas le résultat d’une formule mathématique mais le résultat d’un travail exigeant », confie Yves Legrand, qui détaille une conduite en permaculture, sans engrais de synthèse ni sulfitage, avec un compost maison et des vendanges menées chaque automne aux côtés d’une classe de CM2.
Écoquartiers : Issy réintroduit la nature en ville
Le futur quartier Cœur de Ville — troisième écoquartier du territoire — verra le jour sur le site occupé jusqu’alors par le Centre national d’étude des télécommunications (CNET), devenu Orange Labs, cédé par la Caisse des Dépôts.
« L’opportunité de cette libération de foncier nous a amenés à repenser l’identité de ce quartier, que nous souhaitions apaisée, connectée aux transports et surtout au plus proche de la nature », raconte Philippe Knusmann. Après la création d’une ZAC approuvée en décembre 2015, le promoteur Altarea Cogedim a été désigné.
Un programme mixte de plus de 100 000 m²
- Plus de 600 logements, dont 25 % à caractère social
- Autant de bureaux, ajustés aux nouveaux modes de travail
- Un cinéma UGC de 7 salles
- Une crèche de 60 berceaux et un groupe scolaire de 10 classes
- Des commerces et restaurants
Les ambitions de certification sont élevées : NF Habitat HQE pour les logements, BEPOS, NF HQE bâtiment tertiaire et BREEAM pour les bureaux. La commune vise également le label BiodiverCity et la certification WELL. La construction fera par ailleurs « la part belle aux matériaux recyclés, afin de favoriser économie circulaire et circuits courts ».
Un quartier connecté
Une application mobile dédiée à ce « smart district » facilitera l’interaction entre riverains sur les services et mobilités — covoiturage, accès aux transports multimodaux, mutualisation de places de parking — tout en les informant sur les mesures concrètes pour réduire leur facture d’électricité et de chauffage.
Le quartier accueillera aussi un centre de création numérique, prévu pour recevoir près de 300 000 visiteurs annuels au sein de ses espaces d’exposition et de coworking.
Le nouveau poumon vert d’Issy
« Un vaste espace arboré créera les conditions propices à la promenade dans un environnement très apaisé pour les habitants et usagers », indique Philippe Knusmann, qui précise que « le verdissement du site ne se cantonnera pas à ce parc mais sera largement amplifié par les jardins suspendus, toits-terrasses et autres espaces extérieurs des logements ».
Ces choix répondent aux résultats d’une vaste concertation menée avec les Isséens via les « Conversations citoyennes », qui avaient fait émerger un besoin de diversification des enseignes du centre-ville et une nécessité d’apaisement et de verdissement.
Géothermie : produire du chaud et du froid
Innovation majeure de ce troisième écoquartier : une installation géothermique assurant l’alimentation en chaleur mais aussi en froid, grâce à une solution de stockage de la glace. Après avoir foré à 35 mètres de profondeur, ENGIE Solutions — mandaté par Altarea Cogedim — a entamé la dernière phase des travaux, pour une mise en service estimée au premier semestre 2022.
Alimentée en énergies renouvelables à hauteur de 76 % pour le froid et 71 % pour le chaud, la boucle géothermique desservira 600 logements, plus de 40 000 m² de bureaux, 7 salles de cinéma et l’ensemble des commerces et équipements publics. Quatre thermofrigopompes et un stockage de glace assureront la production simultanée de chaud et de froid. Le projet bénéficie d’un soutien de 532 000 € de l’ADEME.
Pont d’Issy : une entrée de ville métamorphosée
Trait d’union avec Boulogne-Billancourt et Paris, le quartier du Pont d’Issy est un exemple de mixité des usages et de connectivité. La métamorphose d’un secteur « tombé en désuétude car totalement enclavé entre des nœuds routiers et ferroviaires » a démarré avec la création d’une ZAC de huit hectares approuvée en 2013.
« Pour continuer à rester attractive et innovante envers les entreprises et habitants qui choisissent son territoire pour s’implanter, Issy se devait d’imaginer le nouveau visage de cette entrée de ville qu’il fallait désormais adapter aux modes d’habitat et de travail de demain », explique Philippe Knusmann. Le quartier a vu sa conception récompensée par le Prix de la mixité urbaine lors de l’édition 2016 des Pyramides d’Or, décerné par la Fédération des Promoteurs Immobiliers de France.
Le 147 : le siège de Capgemini
Côté sud, l’îlot développé par Sefri-Cime et AXA Real Estate Investment Managers illustre cette mixité. Le long du quai du Président Roosevelt, l’immeuble « Le 147 » accueille le nouveau siège social de Capgemini et ses 3 000 collaborateurs. L’empilage alternant porte-à-faux blancs et retraits de façades a été imaginé par l’architecte Françoise Raynaud et son agence Loci Anima, adossée à son mandataire Arte Charpentier. À proximité immédiate se dressent les trois tours de logements « Haute Définition », également signées Françoise Raynaud.
Bridge : le navire-amiral d’Orange
Dans l’îlot nord, l’ensemble de huit étages aux volumes suspendus baptisé Bridge constitue le fleuron tertiaire du quartier. Signé Jean-Paul Viguier, le projet recoupe deux bâtiments : un immeuble de bureaux et d’espaces de vie, et une grande halle de type Eiffel réhabilitée. Orange a investi ces 56 000 m², propriété d’Altarea Cogedim en coentreprise avec Crédit Agricole Assurances.
« Bridge correspond à notre volonté stratégique d’adopter un environnement plus horizontal — aussi bien en matière d’architecture que d’organisation d’entreprise — favorable aux synergies, aux interactions et au partage des ressources. Au-delà d’un simple siège social, l’ambition de Bridge est également de devenir le siège des flux et des collaborations créatives. »
Séverine Legrix de la Salle, cheffe du projet Bridge chez Orange
L’architecture transparente et entièrement vitrée ouvre le bâtiment sur ses quelque 3 000 collaborateurs et sur la ville. Bridge vise les certifications « NF Bâtiments tertiaires Exceptionnel », « BREEAM » niveau excellent, « WELL Building Standard », le label « BBC-Effinergie+ » ainsi que « WiredScore ». Le programme comprend « de grands espaces de restauration collective, cafés, terrasses accessibles à tous, salles de sport, conciergerie, auditoriums, espaces de jeux, espaces zen pour la détente, un fablab ou encore des ruches ».
La Halle Eiffel, démontée et remontée
Datant de 1884, la Halle Eiffel avait été occupée successivement par l’agence de publicité de Jacques Séguéla (RSCG) puis par les laboratoires d’Yves Rocher. Désaffecté, ce dernier témoin du passé industriel de la commune a profité de la ZAC pour entamer sa reconversion. Sa restauration n’aura pas été de tout repos : l’entreprise alsacienne chargée du déplombage ayant fait faillite en cours de chantier, la structure métallique a dû être envoyée dans le Loiret pour être décapée.
« On voulait lui conférer un esprit village, façon place du marché très conviviale et qui fait la part belle aux produits du terroir, ouvert la semaine comme le week-end pour animer le quartier », rapporte Philippe Knusmann. Sur les quelque 2 000 m² de la halle, la moitié sera allouée à des commerces de bouche et restaurants, les 1 000 m² restants étant dédiés à des espaces de coworking et à la Fondation Orange. Le projet est opéré par Biltoki, gestionnaire basque de halles gourmandes, en association avec La Barge.
La Cité des Sports, dans la perspective des JO
À la place de l’ancien Parc Municipal des Sports se dresse la Cité des Sports : 13 324 m² d’activités en salle pour 23 800 m² d’espaces extérieurs aménagés. Le complexe comprend deux grandes salles omnisports, un espace squash et futsal, un pôle sport-santé ainsi qu’un emplacement événementiel avec un amphithéâtre de 150 places et un restaurant-buvette.
L’équipement des années 1970 montrait des signes de vieillissement en matière d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite, de sécurité et d’optimisation des espaces. Le défi est désormais financier : « Faire en sorte que si la nouvelle surface est bien multipliée par trois, il faudra néanmoins qu’elle coûte à l’avenir moins cher en frais de fonctionnement », confie Bernard de Carrère, maire-adjoint aux sports et à l’éducation. Une société d’économie mixte associant la municipalité et des acteurs privés a été créée pour optimiser la gestion.
De nouvelles pratiques
Squash, urban foot, escalade avec un mur dédié : le site accueille des disciplines nouvelles. « Nous considérons comme Isséens aussi bien les résidents que les collaborateurs qui travaillent dans les entreprises de la commune et parmi lesquels on compte de nombreux jeunes actifs désireux d’utiliser les infrastructures sportives durant une pause déjeuner ou le soir », précise l’élu. Le complexe héberge une plateforme « santé sur ordonnance », développée avec des startups du territoire, ainsi que des outils connectés — ballons capables de calculer la vitesse des frappes et le nombre de touches, système d’enregistrement HD des parties.
Un chantier sous contrainte
« En raison de sa localisation en zone urbaine contrainte et dense, la future Cité des Sports nous a obligés à procurer encore plus de garanties à la population pour minimiser les nuisances sonores et visuelles. Nous avons limité les perturbations liées aux déplacements de camions en installant une centrale à béton sur le site. Par ailleurs, nous avons poussé notre exigence environnementale en proposant à la ville d’utiliser du béton bas carbone. »
Fabien Froment, directeur de projets chez VINCI Construction France
Terre de Jeux Paris 2024
Labellisée « Terre de Jeux Paris 2024 », la ville peut accueillir des délégations olympiques et paralympiques du monde entier sur cinq sites sportifs, dont la Cité des Sports. « L’accueil des délégations étrangères permettra de développer des actions spécifiques avec nos clubs et les habitants afin de créer des synergies communes autour du sport », s’enthousiasme Bernard de Carrère.
Retour sur la transformation de la rue Guynemer
Axe stratégique reliant la commune à la capitale, la rue Guynemer a subi de profondes transformations qui ont durablement changé le visage de tout un quartier.
« Sur le côté gauche en remontant la voie en direction de la capitale, se succèdent les sièges des groupes SoftBank Robotics, Nestlé, le Groupe La Poste ainsi que Colas, ce n’est pas rien ! »
Philippe Knusmann, maire-adjoint chargé de l’urbanisme
Nestlé France dans l’immeuble Shift
Le géant suisse de l’agroalimentaire a regroupé ses cinq sites franciliens au sein de l’immeuble Shift, qui a accueilli ses premiers collaborateurs en février 2020 — soit près de 2 500 personnes constituant le premier pôle d’expertise alimentaire de l’Hexagone.
« Rassembler nos 2 500 collaborateurs au sein d’un seul et même siège social est une étape clé dans l’histoire de notre entreprise et symbolise le nouveau chapitre que nous allons écrire collectivement », confie Christophe Cornu, président-directeur général de Nestlé France. Porté par le cabinet Arte Charpentier, le projet comprend la réhabilitation et l’extension d’un immeuble de bureaux livré par la même agence en 1992, avec près de 4 400 m² de balcons, terrasses et loggias.
La Poste et Colas
La Poste a regroupé neuf anciens sites et près de 3 000 collaborateurs, répartis entre Issy et le 14e arrondissement de Paris. Colas, leader mondial de la construction et des infrastructures de transport, a inauguré à l’été 2018 les 7 600 m² de son immeuble Green Office Quartz, imaginé par Christian de Portzamparc.
Issy au vert : un territoire engagé
« Issy-les-Moulineaux n’a pas attendu les différents sommets, Grenelle ou Accords autour de l’environnement pour penser à développer un cadre de vie apaisé », manifeste Tiphaine Bonnier, maire-adjointe au développement durable et à la condition animale.
Trente ans d’engagements
- 1991 — Plan Municipal d’Environnement, une première en Île-de-France
- 2003 — adhésion à la Charte européenne d’Aalborg des villes durables, pour un Agenda 21 local
- 2006 — création d’un Atelier d’Urbanisme et de Développement durable
- 2009 — ratification de la charte ISSEO de qualité environnementale des bâtiments
- 2015 — révision du PLU prévoyant l’expansion des trames vertes et bleues
Un budget climat sur le modèle d’Oslo
La ville a adopté en février 2021 son tout premier budget climat. « Sur le modèle d’Oslo, nous mettons ainsi en place une stratégie ambitieuse à long terme. Le budget climat fonctionne avec un plafond maximal d’émissions de CO₂ à ne pas dépasser sur le territoire », relate l’élue. « L’objectif est à la fois de limiter nos émissions, tout en créant des puits de carbone pour les séquestrer » — via des matériaux biosourcés comme le bois ou le béton bas carbone, et la poursuite de la végétalisation.
La commune a diminué ses émissions de gaz à effet de serre de 26 % depuis 2005. « Une baisse qui s’explique par notre engagement envers des rénovations énergétiques vertueuses pour les bâtiments », précise Tiphaine Bonnier. Le dispositif sera surveillé par un baromètre climatique.
Végétaliser
Composteurs, aménagements cyclables, jardins partagés : « Nous venons de renforcer l’offre municipale avec 13 parcelles supplémentaires dans le quartier des Épinettes et 36 autres dans les résidences HLM de Seine Ouest Habitat & Patrimoine. » Les efforts se poursuivent avec le dispositif « Jardiner ma ville » et le développement de « cours oasis » dans les écoles. « En déminéralisant ces grands espaces pour créer des îlots de fraîcheur urbains, nous permettons à nos enfants de mieux vivre. »
Par ailleurs, 84 % des véhicules municipaux roulent à l’électrique, et la ville s’est dotée à l’automne 2020 d’un fonds de dotation « Issy Agir pour le climat ».
Déchets : recycler, réemployer, composter
La gestion des déchets relève de la compétence de Grand Paris Seine Ouest. Les consignes de tri, établies avec le Syctom, visent notamment à recycler 75 % des emballages.
Pour les déchets d’équipements électriques et électroniques, la ville a mis en place dès 2006 une collecte solidaire mensuelle : « Ces collectes permettent de favoriser le réemploi via des ressourceries ou bien le démontage puis recyclage de certains matériaux défectueux. » La barre des 100 tonnes collectées depuis 2015 a été franchie.
Côté biodéchets, le ramassage sera généralisé à l’ensemble des marchés de la commune — près de 15 tonnes ont été collectées en 2019 sur le seul marché Corentin Celton. Des composteurs collectifs de 1 000 litres ont été installés sur l’ensemble de la ville, en partenariat avec GPSO et des associations.
Restauration scolaire : 64 % de durable
Près de 64 % des produits consommés en 2019 par les écoliers de la commune étaient issus de l’alimentation durable, dont 35 % d’agriculture biologique, 19 % de produits locaux et 10 % de produits labellisés. « L’engagement de la Ville est ainsi d’ores et déjà supérieur aux objectifs prévus par la loi EGalim », se réjouit Bernard de Carrère. Neuf établissements font l’objet d’une collecte spécifique des déchets biodégradables, qui a permis de valoriser près de 16 tonnes en 2019, contre 13,5 l’année précédente.
Un territoire innovant et ultra-connecté
« L’objectif de transition numérique sert avant tout à renforcer l’attractivité territoriale », expose Thierry Lefèvre, premier maire-adjoint à la Ville numérique. À Issy, le digital occupe une place prépondérante : la moitié des entreprises sont actives dans le secteur, et plus de 60 % de la population a moins de 45 ans.
Un laboratoire d’expérimentation
« Les frais de recherche sont souvent supportés par l’UE ou les entreprises du territoire, et les laboratoires R&D trouvent un réel intérêt à développer des dispositifs innovants pour les tester in situ. » Parmi les projets co-financés par la Commission européenne, IoRL (Internet of Radio Light), achevé en novembre 2020 après trois ans d’expérimentation au Musée français de la Carte à Jouer, a montré comment la combinaison de la 5G et du Li-Fi — l’accès au web par la lumière LED — permet de résoudre le problème de l’accès à Internet sans fil en intérieur.
Smart mobility
« 70 % de la circulation dans la ville est une circulation de transit. Entre le carburant gaspillé ou l’improductivité due aux retards des collaborateurs, le coût des embouteillages et de la pollution liée aux voitures est très important pour la société toute entière. »
Après le stationnement partagé et le paiement des parkings par mobile, la ville travaille sur la recherche de stationnement à distance : les flux liés à la chasse d’une place représentent 20 à 30 % de la circulation globale. À terme, l’objectif est de développer une circulation multimodale intégrant l’autopartage et les véhicules autonomes, « dans le style d’un Citymapper isséen ».
Pour lutter contre la pollution des livraisons individuelles liées à l’essor du commerce électronique, la commune a intégré fin 2020 un programme européen visant à tester des triporteurs à hydrogène. Une flotte de deux vélos-cargos non polluants sillonne la commune pour répondre à la problématique du dernier kilomètre — une expérimentation menée sur 2021-2022 avec des villes allemandes, écossaises, néerlandaises et luxembourgeoises.
E-administration et open data
« La modernisation des services publics municipaux n’est pas mise en place dans un but de surenchère technologique mais bien pour faciliter la vie quotidienne des habitants, tout en réalisant des économies pour la ville », rappelle Thierry Lefèvre. Il y a vingt-cinq ans déjà, Issy adoptait l’infogérance pour externaliser son parc informatique — « une véritable révolution à l’époque ».
La ville a lancé à l’automne 2020 son tableau de bord numérique, développé avec Datactivist et OpenDataSoft, qui permet de visualiser en temps réel les données du portail open data data.issy.com. N’importe quel citoyen peut ainsi s’informer sur le nombre de parcelles de jardins partagés, de composteurs collectifs de quartier ou tracer les tonnes de déchets électriques récoltés lors des collectes mensuelles. Un tableau de bord dédié permet de suivre l’indicateur carbone de la ville.
Démocratie participative : donner la parole aux Isséens
Il y a plus de trente ans, la municipalité a été pionnière avec la création des comités de quartiers, devenus les quatre Conseils de quartier de 19 membres. Tous les deux mois environ, chaque instance se réunit pour évoquer la vie du quartier ; les conseillers sont actifs dans des groupes de travail dédiés à la propreté, au patrimoine végétal ou à l’urbanisme.
« Le fait d’associer les habitants dès la genèse d’un projet facilite la compréhension, l’adhésion et le cas échéant, l’adaptation nécessaire. De fait, certains programmes prévus peuvent par exemple très bien être ajournés suite à une concertation locale », indique Arthur Khandjian, maire-adjoint à la démocratie participative.
Un budget participatif de 400 000 €
Lancé dès 2002, le budget participatif utilise depuis 2019 une plateforme numérique permettant à tous les habitants de plus de 11 ans et aux salariés du territoire de soumettre leurs projets. Doté d’une enveloppe annuelle de 400 000 €, il finance des investissements de proximité.
Pour son édition 2020, les trois propositions les plus votées sont la création d’un tiers-lieu dédié à l’éco-citoyenneté, la mise en place d’espaces de stationnement pour les vélos et celle d’un atelier participatif de réparation de vélos.
Les Conversations citoyennes
Grande consultation de la population lancée en réponse aux priorités adoptées lors des élections municipales et à la crise sanitaire, les Conversations citoyennes ont recueilli plus de 6 000 réponses. Les résultats :
- 90 % des répondants expriment un niveau de satisfaction très élevé à l’égard de la vie à Issy-les-Moulineaux, dont 45 % de « très satisfaits »
- Les niveaux de satisfaction des catégories les plus aisées et des catégories populaires sont à égalité parfaite, à 91 %
- 89 % se déclarent optimistes concernant l’avenir de la commune, dont 41 % « très optimistes »
La ville dispose également de la plateforme « Mon Avis Citoyen », qui recense les propositions de chacun « à travers un dialogue constructif, ouvert, transparent et respectueux ».
La culture pour tous
Ambitieuse et créative, la politique culturelle d’Issy-les-Moulineaux combine exigence qualitative et démocratisation culturelle.
Trois médiathèques, 450 000 entrées par an
Comme André Santini aime à le dire, chacune des trois médiathèques est située « à moins de 20 minutes à pied de chaque Isséen », s’intégrant pleinement dans la politique de ville du quart d’heure. Sites municipaux les plus fréquentés avec 450 000 entrées annuelles, elles sont ouvertes du mardi au dimanche — six jours sur sept, un service encore rare en France, disponible à Issy depuis 1994. Leurs collections comptent 280 000 documents, complétées par le prêt d’instruments de musique, des cours de langues (anglais, chinois, japonais et, depuis 2020, coréen), des conférences, concerts et expositions.
Les deux espaces ludiques comptent 59 000 passages par an et 18 000 prêts. Ils s’associent aux médiathèques dans le cadre des Interlud, animations lancées en octobre 2020 mêlant lecture et jeu.
Le Musée français de la Carte à Jouer
Labellisé Musée de France, il réalise des expositions prestigieuses, à l’instar de l’exposition de photographies de Raymond Depardon, Paysages d’architecture, ou de La Belle Boucle de la Seine consacrée aux impressionnistes. Reportée en décembre 2021, l’exposition-événement Tarots enluminés accueillera des prêts d’institutions internationales de New York, Florence, Milan, Budapest, Hanovre ou Varsovie.
Spectacle vivant et festivals
Théâtre, danse, humour, musique et comédie se retrouvent au Palais des Arts et des Congrès d’Issy Charles Aznavour et à l’Auditorium, qui accueille également le Ciné d’Issy — 40 000 spectateurs à l’année. De nombreux festivals complètent l’offre : Festival du Livre, Issy t’anime pour le cinéma, Issy Art pour les arts de la rue.
« La Ville porte une attention accrue aux familles, aux jeunes et aux publics empêchés », déclare Fabienne Liadzé, maire-adjointe déléguée à la Culture. Un service de portage de livres à domicile est ainsi proposé aux personnes fragiles.
La jeunesse en priorité
La lecture passe par les Bibliothèques Centre de Documentation présentes dans chacune des 29 écoles communales. L’éducation à l’image mobilise 10 000 élèves au Ciné d’Issy ; le Musée de la Carte à Jouer reçoit 12 000 scolaires en moyenne. S’y ajoutent l’école d’art Les Arcades pour l’art contemporain et, côté musique, des programmes de sensibilisation avec l’Orchestre des Champs-Élysées, l’Académie Jaroussky et le Conservatoire.
La formation professionnelle constitue un pan remarquable de cette politique : le Conservatoire dispose d’un département formation et insertion professionnelle, Le Réacteur accompagne les jeunes en musiques actuelles vers la professionnalisation, et à l’école Les Arcades, 100 % de la promotion intègre chaque année une école d’art prestigieuse.
Une offre tournée vers l’innovation
Le Musée de la Carte à Jouer fut le premier musée francilien à s’équiper, en 2016, de la technologie Li-Fi, et héberge depuis deux ans un incubateur de startups culturelles, l’IESA Incub’. Depuis 2018, la médiathèque centre-ville dispose d’un espace numérique dédié à la jeunesse, Numérimôme. Le Temps des Cerises accueille les Micro Folies, dispositif de musée numérique.
Santé et vie sociale : des enjeux forts pour la collectivité
Si la santé n’est pas une compétence obligatoire de la commune, sa prise en charge apparaît depuis plusieurs années comme une mission nouvelle pour les collectivités, au regard de la désertification médicale qui affecte tous les territoires — y compris en Île-de-France.
Un centre de santé depuis plus de 80 ans
Situé en centre-ville, l’Espace Santé Simone Veil est ouvert à tous et propose une offre de soins pluridisciplinaire regroupant médecins, sages-femmes, gynécologues et infirmières. La structure dispose également d’un Centre de Planification et d’Éducation Familiale, ainsi que d’un Espace Santé Jeunes dédié aux soins préventifs et curatifs, gratuits et anonymes, pour les 11-25 ans.
« Les praticiens y effectuent près de 1 000 consultations annuelles de prise en charge médicale et psycho-sociale, un nombre important qui traduit un véritable enjeu pour Issy-les-Moulineaux en raison de la jeunesse d’une grande partie de sa population », commente Ludovic Guilcher, maire-adjoint à la santé, aux personnes âgées et à la vie sociale. L’offre est complétée par le Centre de Santé des Épinettes, géré en partenariat avec l’Hôpital Suisse.
Une communauté professionnelle territoriale de santé
Après un audit faisant état de la raréfaction des professionnels du secteur libéral, la ville a décidé de constituer une CPTS afin d’organiser les soins de ville de façon coordonnée. Trois axes structurent cette stratégie : augmenter l’offre de santé publique — avec notamment la multiplication par quatre des créneaux horaires à l’Espace Simone Veil —, favoriser le regroupement des médecins généralistes en vue de pallier le départ à la retraite non remplacé de près d’un quart d’entre eux d’ici cinq ans, et implanter si besoin de nouveaux praticiens dans les quartiers peu pourvus.
Solidarité et inclusion
Le Pôle Santé de la ville est rattaché au Centre Communal d’Action Sociale, qui informe les Isséens les plus fragilisés, les personnes en situation de handicap et les personnes âgées. « La solidarité et la santé s’inscrivent résolument dans une logique de proximité, afin de renforcer le lien social entre les habitants », précise Ludovic Guilcher. L’action des travailleurs sociaux a suivi 80 % des quelque 10 000 seniors de la ville et effectué 850 entretiens individuels pour évaluer les besoins.
La commune compte également une Maison Région Solidaire, ouverte en novembre 2019. En étroite collaboration avec le Recueil Social de la RATP, ce projet a permis d’accueillir 22 sans-abris qui dormaient dans les couloirs du métro, en vue de leur réinsertion.
