Olivia Grégoire : « Le Grand Paris est un des rares sujets politiques où la vie des citoyens devance le projet »
Alors ministre déléguée chargée des PME, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme, Olivia Grégoire livrait sa vision du Grand Paris, de son économie et des défis posés par les Jeux de Paris 2024.

Élue députée de la 12e circonscription de Paris en 2017 puis réélue en juin 2022, Olivia Grégoire occupait, au moment de cet entretien, le portefeuille des PME, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme. À quelques mois des Jeux olympiques et paralympiques, elle détaillait les priorités économiques et territoriales qu’elle associait au Grand Paris.
« Grand-Parisienne » avant le projet institutionnel
Ayant vécu à Paris comme dans plusieurs communes de banlieue, Olivia Grégoire revendiquait une identité de « Grand-Parisienne ». Selon elle, les déplacements, les habitudes professionnelles et les liens familiaux des Franciliens dessinaient déjà un espace métropolitain plus intégré que ses institutions.
Elle jugeait néanmoins le projet encore inachevé, notamment sur deux sujets : la gouvernance et les transports. Sur une éventuelle réforme institutionnelle, elle appelait à privilégier la concertation avec les élus franciliens plutôt qu’une transformation précipitée.
PME et artisans au cœur de l’économie métropolitaine
La ministre soulignait le poids économique de l’Île-de-France, qui représentait environ un tiers du produit intérieur brut national. Elle décrivait le Grand Paris comme le cœur de cette puissance économique, avec une forte densité de petites entreprises, de commerces et d’artisans.
Les chantiers du Grand Paris Express constituaient à ses yeux un levier direct pour les entreprises. L’entretien rappelait l’objectif d’environ 15 000 emplois directs par an et l’obligation de réserver au moins 20 % des marchés aux PME. À cette date, près de 4 800 TPE et PME avaient participé au chantier, dont plus de la moitié étaient franciliennes.
Tourisme : mieux répartir les flux
À l’approche des Jeux de Paris 2024, Olivia Grégoire défendait un tourisme plus durable et mieux réparti dans le temps comme dans l’espace. Elle observait que 80 % des visiteurs se concentraient sur 20 % du territoire français et préférait agir sur cette concentration plutôt que limiter le nombre global de touristes.
Interrogée sur les hausses de prix dans l’hôtellerie, elle appelait les professionnels à la modération tout en rappelant que l’État ne fixe pas les tarifs dans une économie de marché. Sur la sécurité, elle évoquait la mobilisation prévue de 30 000 policiers et gendarmes par jour pendant les Jeux, et jusqu’à 42 000 pour la cérémonie d’ouverture.
Rendre les commerces accessibles
L’accessibilité constituait un autre chantier prioritaire. La ministre annonçait alors un fonds de 300 millions d’euros sur cinq ans pour accompagner les petits commerces dans leurs travaux. L’aide publique pouvait couvrir 50 % des dépenses, dans la limite de 20 000 euros.
Cette mesure devait permettre aux commerces de proximité de mieux accueillir les personnes en situation de handicap, tout en préparant l’afflux attendu de visiteurs pendant les Jeux.
Périphérique et CDG Express : deux visions de la mobilité
Sur la transformation du périphérique parisien en boulevard urbain limité à 50 km/h, Olivia Grégoire disait partager les objectifs climatiques, mais regrettait le manque de concertation avec les communes et acteurs concernés.
Elle jugeait en revanche le CDG Express indispensable pour améliorer la desserte de l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle et contribuer au désengorgement du RER B. La mise en service était alors annoncée pour le début de l’année 2027.
Municipales de 2026 : une question jugée prématurée
Questionnée en décembre 2023 sur une possible candidature à la mairie de Paris, Olivia Grégoire estimait que le débat arrivait trop tôt. Elle mettait en avant ses responsabilités ministérielles et son ancrage dans le 15e arrondissement, sans ouvrir de séquence de candidature.
Sur la gestion d’Anne Hidalgo, elle maintenait un regard critique déjà exprimé lors des précédentes élections municipales, tout en rappelant la légitimité démocratique de sa réélection.