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MIPIM 2018 : vingt sites qui dessinaient le Grand Paris

Gares du Grand Paris Express, quartiers mixtes, reconversion de friches et ambitions environnementales : ce hors-série consacré au MIPIM documentait vingt opérations appelées à transformer la géographie métropolitaine.

Couverture du hors-série Grand Paris Développement consacré au MIPIM 2018
Couverture du hors-série MIPIM 2018 de Grand Paris Développement. Une seule image du document est utilisée dans cet article.
Grand Paris Développement · Territoires · Urbanisme · Lecture 6 min

Publié à l’occasion du MIPIM de mars 2018, ce hors-série mettait en scène un Grand Paris en pleine accélération. À travers vingt sites, il décrivait une métropole portée par les infrastructures de transport, les appels à projets urbains et la mobilisation conjointe des acteurs publics et privés.

2018, un moment charnière pour l’aménagement métropolitain

Le document paraît alors que les premiers grands chantiers du Grand Paris Express montent en puissance et que les projets liés aux Jeux de Paris 2024 renforcent l’intérêt des investisseurs. L’enjeu n’est déjà plus seulement de produire des immeubles : il s’agit de créer des quartiers complets, reliés aux transports et capables de combiner logements, activités, services et espaces publics.

Le concours « Inventons la Métropole du Grand Paris » sert de laboratoire à cette nouvelle manière de fabriquer la ville. Architectes, promoteurs, investisseurs, collectivités, entreprises et associations sont réunis autour de sites où l’innovation doit répondre à des contraintes très concrètes : franchir une coupure ferroviaire, reconvertir une friche, désenclaver un quartier ou créer une nouvelle centralité.

Le métro n’est pas présenté comme une infrastructure isolée, mais comme la colonne vertébrale d’une transformation urbaine à l’échelle régionale.

Les gares comme moteurs de nouvelles centralités

Le secteur Pleyel à Saint-Denis illustre cette stratégie. Le projet des Lumières Pleyel était présenté comme un programme mixte de 176 000 m² autour d’un futur nœud de correspondance majeur, avec logements, bureaux, hôtels, résidences étudiantes, équipements culturels et parc en pleine terre.

À Vitry-sur-Seine, le pôle gare des Ardoines devait accompagner la reconversion d’un vaste territoire industriel. Le programme détaillé dans le hors-série associait près de 140 000 m² de tertiaire, activités, commerces et résidences, au sein d’une opération d’aménagement appelée à dépasser 650 000 m².

À Nanterre, Les Groues annonçaient un quartier de 65 hectares aux portes de La Défense. Le document projetait 5 000 logements, de nouvelles activités économiques et un équilibre entre 12 000 habitants et 12 000 emplois autour du RER E et de la ligne 15.

20 sitesprésentés dans le hors-série MIPIM 2018
176 000 m²programmés pour les Lumières Pleyel
65 hapour le quartier des Groues à Nanterre
139 832 m²pour le programme présenté aux Ardoines

La mixité urbaine érigée en principe

Plusieurs projets rompent avec la spécialisation traditionnelle des quartiers. À Villiers-sur-Marne, Balcon sur Paris associait logements, bureaux, hôtels, cinéma et palais des congrès dans un projet de grande hauteur majoritairement construit en bois. À Noisy-le-Sec, Mix’it combinait logements, commerces, bureaux, ateliers d’artisans, coworking et agriculture en toiture.

Antonypôle articulait pour sa part logements, hôtel, commerces, campus d’innovation, crèche et maison de santé autour de la future gare. Le projet revendiquait une démarche d’économie circulaire, un smart grid, des mobilités partagées et des circuits courts alimentaires.

Cette mixité répond à un objectif urbain autant qu’économique : maintenir l’activité tout au long de la journée, diversifier les usages et éviter que les nouveaux pôles métropolitains ne deviennent de simples quartiers de bureaux.

Réemploi, bois et performance environnementale

Le hors-série montre également l’installation progressive des enjeux environnementaux dans la programmation urbaine. Le Campus de Cachan prévoyait une plateforme de réemploi des matériaux de l’ancien site. Le Fort de Romainville associait réhabilitation patrimoniale, végétalisation, agriculture urbaine et matériaux issus du réemploi.

À Marne Europe, le projet Balcon sur Paris annonçait 60 % de constructions en bois, ainsi qu’un dispositif de géothermie, de végétalisation et de réseau énergétique intelligent. Ces propositions témoignent d’un déplacement du débat : l’attractivité ne se mesure plus uniquement en mètres carrés, mais aussi en qualité d’usage et en performance environnementale.

Des signaux architecturaux pour renforcer l’attractivité

Le document accorde enfin une place importante aux bâtiments emblématiques. À La Défense, la tour Hekla, conçue par les Ateliers Jean Nouvel, était présentée comme un programme tertiaire de 76 000 m² pouvant accueillir environ 5 800 salariés, intégré à la transformation de la Rose de Cherbourg et à une promenade végétalisée.

Cette recherche de visibilité architecturale répondait à l’ambition internationale du MIPIM : donner à voir les capacités d’investissement et d’innovation du Grand Paris. Mais derrière les objets iconiques, le hors-série révèle surtout une évolution de fond vers une métropole plus polycentrique, structurée par plusieurs pôles économiques et résidentiels.

Une archive pour mesurer les ambitions de l’époque

Relu aujourd’hui, le document constitue un repère utile sur la vision métropolitaine portée en 2018. Les calendriers, surfaces et programmations mentionnés correspondent aux annonces de l’époque ; certains projets ont depuis évolué, changé de rythme ou de configuration.

Son intérêt éditorial réside précisément dans cette photographie : elle permet de comprendre comment la promesse du Grand Paris était formulée avant 2024, autour d’un triptyque désormais familier – transports, mixité et transition environnementale.

Repère documentaireCet article est une synthèse éditoriale du hors-série MIPIM publié en mars 2018. Les chiffres et calendriers cités sont ceux annoncés dans le document d’origine et ne constituent pas un état d’avancement actualisé des opérations.